Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 09:29

Et oui, la curiosité est un vilain défaut. Mais il est incurable. Alors, autant l'assouvir ^_^

Et puis, si je veux parfaire ma connaissance de l'univers du manga (et j'ai encore un long chemin à parcourir) je dois en explorer les diverses facettes. Le hentai en est une, au même titre que le seinen, le shonen ou le shojo.(heu... pourquoi est-ce que je me justifie, moi?)

 

Après de nombreuses hésitations j'ai fini par sauter le pas et ai choisi un titre au hasard. Ben oui, je me voyais mal aller dans ma librairie préféré et demander au charmant vendeur qu'y travaille : "quel hentai me conseillez-vous?" (pourtant, il y a quelques années j'ai acheté, dans cette même librairie, une belle collection de BD de Manara...). Alors, faute de culot suffisant et d'infos sur le genre, je me suis contenté de choisi un peu au pif sur Amazon. J'ai jeté mon dévolu sur Entre deux.

 

Entre-deux.jpg

 

Alors bon, niveau scénario ça vole pas bien haut. Keita Sakura rencontre la belle Honoko, ils couchent ensemble. Mais, avant qu'il n'ai eu le temps de la retrouver, Aya lui met le grappin dessus et, il est tellement faible qu'il se laisser faire. alors que ses pensées sont encore toutes tournées vers Honoko, dont Aya est une bonne amie (histoire de pimenter un peu l'intrigue).

 

Ce que j'en ai pensé ?

 

Le scénario est plat et les personnages... pas vraiment "cool". Sakura est si faible une belle paire de nichon suffit à avoir raison de lui, Honoko est trop gentille et Aya trop obsédé, elle ne laisse même le temps à son petit-amis de dîner avant de lui sauter dessus. Oui, mais bon, si on lit du hentai, c'est pas pour l'histoire. Ok, ok... Mais quand même, on pourrait faire un minimum d'effort.

 

Côté émoustillage, alors ? Là, pas de soucis, dans ce titre, le sexe ne manque pas. Des scènes très explicites et pas désagréables à regarder. Un bémol cependant : des seins vraiment, vraiment trop gros ! Je peux comprendre que ça plaise au mecs, et j'en suis pas un, mais là, ça fait vache laittière !

 

Au final, une lecture nocturne pas désagréable, mais pas particulièrement palpitante. Un tantinet redondant et ennuyeux. Peut mieux faire.

 

Défi du jour : trouver un hentai avec un minimum d'histoire et des poitrines normales.

Partager cet article
Repost0
1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 08:46

Il y a un endroit où je me rends régulièrement pour y glaner quelques manga. S'agissant d'une solderie, je n'y trouve pas les série que j'ai choisi de suivre. Mais, à 1€ le tome, il y a de quoi se faire plaisir. Je prends, un peu à l'aveuglette, se que je trouve. Il m'arrive de tomber sur des petites perle et des auteurs intéressant auquel je ne me sevrais sans doute jamais intéressé autrement. Voici un premier compte rendu de ces trouvailles, bonnes et moins bonnes.

 

 


 

 

Si la plupart du temps je tombe sur des tomes isolés, il m'arrive de trouver de courtes séries complètes. C'est le cas de Kabuto, le Dieu Corbeau, série en 3 tomes de Buchi Terasawa, paru dans la collection Seinen de Taifu.

Kabuto.jpg

L'auteur dédie cette série à Osamu Tezuka, j'avoue que je vois pas trop le rapport entre Kabuto et ce dernier....

La série tourne au tour de Kabuto, le Dieu Corbeau, qui, génération après génération, se bat contre Kuroyasha Dôki, un puissant démon qui entend reigner sur la terre.

Graphiquement cette série flore bon les années 90, au point de nous faire sourire avec ses héroïnes en bas résille et leur tenues excessivement échancrée. Le scénario, quant à lui, n'est pas particulièrement original, mais la série a un bon rythme et se laisse lire avec plaisir. Petit point négatif : la transition entre deux générations de Kabuto dans le tome 2 est assez mal ficelé et pendant un petit moment on se demande ce qui se passe.

 

 


 

 

Parmi mes découvertes, 2 manga de Kei Tôme :

Déviences, deuxième volume d'un recueil d'histoires courtes, publié par Taifu dans sa collection Seinen.

deviances.jpg

J'ai beaucoup apprécié le coup de crayon de l'auteur, la finesse de son trait, ainsi que la sensibilité et l'humour subtil de ses histoires.

 

Kuro Gane, premier tome d'une série dont la publication française a été stoppé dès le tome 2 (elle compte 5 tomes en tout). Ce premier volume, proposé par Glénat en 1997, est imprimé dans le format BD franco-belge : grand format, couverture cartonnée, sens de lecture français. 

Kerogane est une histoire étrange et assez intéressante : un samouraï récupère le corps mourant d'un redoutable tueur. Grâce à un savoir-faire étonnant, il en fait une sorte d'homme machine qui ne peut plus mourir. Celui-ci parcourra désormais le Japon avec une épée doté de parole. J'ai beaucoup aimé cet album et son ambiance.

 kurogane_01.jpg

Je reviendrais plus en détail sur ces album et le travail de Kei Tôme que j'apprécie beaucoup.

 

 


 

 

Dernier manga de ce petit marché : un one-shot de Kita Konno, Montrez-moi le chemin, publié par Taifu dans sa collection Josei. Et c'est la première fois que je vais vous parler d'un josei !!

montrez-moi-le-chemin.jpg

Ce tome regroupe 6 histoires courtes, très différentes les unes des autres. Le dessin de Kita Konno est très simple, doux et expressif.

Dans la première histoire, qui fait 2 chapitres, on retrouve une de ces sempiternelles histoires d'amour incestueux. Ici, une jeune lycéenne est amoureuse de son beau-père. À la mort de sa mère, elle décide de continuer à vivre avec celui-ci et sa petite soeur. Bouleversement hormonal aidant, elle tombe amoureuse de son jeune et beau beau-père. Une histoire banale, mille fois traitée et qui franchement me tape sur les nerfs. Cependant Kita Konno traite le sujet avec sensibilité et évite de trop tomber dans le cliché, faisant de l'héroïne un personnage somme toute assez lucide. Les autres histoires sont toutes plus courtes. Certaines ont un côté fantastique : on y trouve sirènes, extra-terrestre (cella est ma préféré) ou encore souvenir de vies antérieures...

Je ne suis pas prête à me convertir au josei, mais j'ai pris plaisir à lire ce manga.

 

 


Il ne me reste plus qu'à vous parler des 2 dernier volumes de mon panier : un manhwa (coréen) et un manhua (chinois).

 

 

Començons par le manhwa ! Il s'agit d'un sunjung, soit l'équivalent du shôjo japonais, c'est à dire destiné aux jeunes filles : Palais de Park So Hee (éditions Soleil, collection Gochawon).

palais-I.jpg

C'est une histoire banale à souhait : elle, elle vient d'une famille plus que modeste. Lui, il est beau, riche et prince héritier (tant qu'à faire). En d'autre terme, l'histoire typique du genre, et qui ne m'emballe pas du tout. Mais Park So Hee s'en sort assez bien grâce à son humour et une bonne dose d'autodérision. On voit souvent le personnage principal dire "si j'étais l'héroïne d'un manhwa, ça se passerais comme ça" et là on à une belle parodies de scène à l'eau de rose avec fleurs et yeux brillants à vous donner la nausée. Ce côté autodérision sauve la mise et rend ce premier tome amusant. Quoi que l'auteur ait un peu tendance à abuser des caricatures des personnages en style grotesque. Maintenant, j'apprends que la série compte 23 tomes en Corée, franchement ça fait beaucoup trop !!

 

Et le pire pour la fin !! J'ai acheté le troisième tome de Claws of Darkness, un manhua en 3 tomes de Josev et Jerry Cho (éditions soleil, collection Hero). Il n'y avait pas les autres et le dessin de la couverture était sympa...

claws darkness 03

Le dessins, tout en couleur, avait l'air pas mal, original... Oui, mais, à y regarder de plus près, il est très inégal d'une page à l'autre. Certaines cases sont impeccables, et d'autres vraiment pas terrible. La coloration, dans l'ensemble, est plutôt réussie.

Niveau scénario, évidemment, n'ayant pas lu les deux premiers tomes, il me manque des éléments de compréhension. Ceci dit, parfois ça ne tient vraiment pas la route. Ce n'est pas vraiment réfléchit. Une vrai déception !!

 

 

Et voilà ! Le premier panier manga s'achève. Bientôt d'autres emplettes (^_^)

 

またね

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 15:51

  lesvacances-de-J---B-T1.jpg

 

Que font Bouddha et Jésus à Tokyo ? Et bien, ils sont en vacances ! Fatigués de leur dur labeur d'hommes saints, ils ont prix un repos bien mérité. Et comme destination, ils ont choisit Tokyo. C'est là qu'ils vont s'adonner aux petites joies terrestres.

 

Voici l'histoire du manga de Hikaru Nakamura (中村 光) dont le quatrième tome en français vient de sortir en septembre dernier, aux éditions  Kurokawa.

 

Au Japon la série est prépublié dans la revue Gekkan Morning Two. Toujours en cours, elle compte déjà 7 tomes.

 

les-vacances-de-J--B-T2.jpg

 

Alors, ces vacances, drôles ou pas ?

 

Bon, évidemment, il faut aimer tourner en ridicule les images sacrées, ne pas s'offusquer d'une couronne d'épines qui fleurit ou d'une dinde venant s'offrir en repas en sonnant à la porte de Bouddha. Si pour vous, la religion c'est une affaire sérieuse, passez votre chemin !

 

Pour tous les autres venez leur rendre visite, il y aura quelques moment de franche rigolades. Bon, le plus souvent se sera un semple sourire. Mais l'ensemble est assez amusant.

 

Je dirais même  que c'est de plus en plus drôle. J'ai acheté le premier tome car le sujet m'intriguait. C'était amusant, mais sans plus. En tout cas suffisamment pour me donner envie d'acheter la suite. Et depuis, j'ai acheté tous les tomes sortis en France.

 

La plupart des scènes sont assez absurdes, et pas très recherchées, mais il y a quelques jolies trouvailles. Comme, par exemple, un yakuza qui prend Jésus pour le fils d'un puissant parrain, et celui-ci, naïf, ne se doute de rien et en rajoute une couche.

 

les-vacances-de-J---B-T3.png

 

Je regrette parfois un certain manque de profondeur. Ces blagues, justement, sont assez légères et n'exploitent que très superficiellement les deux religions que représentent respectivement Bouddha et Jésus. Même si le but est d'amuser le lecteur, il y avait matière à faire rire tout en abordant des sujets un peu plus sérieux.

 

Finalement Les vacances de Jésus et Bouddha reste un bon moment de détente, on rit, on sourit et on ne se prend pas la tête.

 

vacances-jesus-et-bouddha.jpg

 

Ce qui est intéressant, en revanche c'est le travail fait par le(s) traducteur(s). Pratiquement tout le manga est basé sur les jeux de mots, et quoi de plus dur à traduire que les jeux de mots ? Pourtant l'éditeur ne mentionne pas son nom. À la fin de l'ouvrage on peut lire "French translation by editions Kurokawa", c'est tout. S'agit-il d'une traduction collective ? En tout cas moi j'étais curieuse de connaître celui ou ceux qui y ont travaillé parce que, franchement chapeau. Le résultat n'est pas mal du tout. Même les petits clin d'oeil imprimés sur les T-shirt des deux saints sont assez amusants.

Partager cet article
Repost0
16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 12:21

  l-homme-sans-talent.jpg

 

Titre original : 無能の人 (Munō no hito)

 

Cette bande dessinée de Yoshigara Tsuge, au style sombre rappelant le gekiga, s'inscrit dans un genre de manga particulier, appelé par la critique watakushi manga (私漫画) et traduit en français par bande dessinée du moi, en référence à un style littéraire japonais du début du XX sciècle : le watakushi shôsetsu ou shishôsetsu, le roman du moi.

 

La bande dessinée du moi n'ayant jamais formé un mouvement assumé par les auteurs la pratiquant, sa définition est plutôt floue. Néanmoins, Béatrice Maréchal en donne les caractéristiques principales : récit court, porté par un personnage principal en proie au malaise vis à vis de la société et de lui même. Le personnage est mis en scène dans son quotidien. La bande dessinée du moi s'inspire de l'expérience vécue par l'auteur, pourtant il ne s'agit pas d'une autobiographie puisque l'expérience de l'auteur est mise au service d'un récit fictif.

 

L'homme sans talent est un recueil de différentes histoires publié par Tsuge dans la revue Comic Baku dans les années 80. C'est une de ces histoires qui donne son titre au recueil.

 

La version française est publié aux éditions Ego comme X, traduit par Fréderic Bollet (2004). A l'heure actuelle, c'est son seul manga traduit en français.

 

 

Résumé :

 

Sukezô Sukegawa rate tout ce qu'il entreprend. Auteur de bande dessinée, il s'est mis à refuser les commandes car elles ne correspondent pas à ce qu'il veut faire. Il arrête de dessiné. Après avoir rencontré un antiquaire, il s'essaye à la vente de vieux appareil de photo, mais la mode passe et il ne vends plus rien. Il ouvrira un stand de vente de pierre sur les berge de la rivière où il tente de vendre les pierre recueillis dans cette même rivière. Évidemment, il n'en vends pas une. N'a-t-il vraiment pas eu de chance dans sa vie,ou a-t-il mis un soins particulier à la rater ?

 

    l'homme sans talent planche

 

Mon avis :

 

Au premier abord tout m'a paru laid. Le dessin est sombre, déprimant, le personnage apathique, les décors glauques, les détails triviaux... Puis, à la lecture, de toute cette laideur émane une certaine beauté, une certaine poésie.

 

L'oeuvre ne laisse pas indifférent. Moi, elle m'a particulièrement troublé. En refermant l'album, j'étais habité par une certitude plus que angoissante : "l'homme sans talent c'est moi". Avouez qu'il y a de quoi paniquer ! Je vais finir par vendre des pierres au bord de la rivière ! Remarquez, il y a une rivière pas loin de chez moi, et j'aime ramasser des cailloux, j'ai plus qu'à leur trouver des noms poétiques...

 

Blagues à part, on ressent vraiment le mal de vivre du héros qui cherche et ne trouve pas sa place dans la société. Toujours à la recherche d'un métier qui pourrait lui convenir, ce ne sont pas les idées qui lui manquent, mais celle-ci sont soit irréalistes, soit finissent par mal tourner. En lisant, je me demandais si le protagoniste est vraiment victime du contexte comme il le laisse à entendre quand il raconte son expérience en tant que vendeur de vieux appareil photo. La mode passée, il se retrouve sans travail. Pourtant, il m'a donné l'impression de quelqu'un qui s'applique à rater sa vie, qui met beaucoup d'énergie dans des idées voué à l'échec dès le départ, tout en laissant passer de bonnes occasions. On le voit par exemple refuser une commande de bande dessinée au nom d'une prétendue intégrité artistique, alors qu'il est dans le besoin. Est-ce la peur de l'échec qui le pousse à l'échec ? Je ne me lancerai pas dans une analyse psychologique du personnage, qui serait hors de ma portée. Cependant, en lisant cet album, je me suis posée pas mal de questions, sur le personnage et l'auteur mais aussi sur moi-même.

 

Les détails du quotidiens du protagoniste sont si saisissant que je me suis demandé s'il ne s'agissait pas d'une oeuvre autobiographique. C'est là que j'ai appris la particularité de la bande dessinée du moi dont Tsuge est l'un des auteurs emblématiques. En lisant sa biographie ainsi qu'une interview de lui sur le site de Ego comme X j'ai découvert un homme souffrant d'angoisse, dépressif. Cet état dépressif est particulièrement palpable dans les planches de l'homme sans talent.

 

Au fils de mes recherches, un détail m'a frappé, dans la littérature concernant Tsuge on fait référence au manga Munô no hito sous une autre traduction que celle proposé par l'éditeur Ego comme X : on parle de l'homme inutile et non pas de l'homme sans talent. Cette traduction me semble plus pertinente car le personnage ne semble pas, à mes yeux, dépourvu de talent, mais il est évident que son talent est inutile. Il est incapable de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Il est incapable de se trouver une place qui lui convienne dans la société. A ce titre, on peut considérer qu'il n'est pas seulement inutile pour lui-même et sa famille, mais surtout pour la société à laquelle il ne parvient pas à s'intégrer. Cette incapacité à trouver sa place est la source de sa souffrance, comme elle est la source de la souffrance de l'auteur et de bon nombre de "personne inutiles" qui se reconnaitront dans le personnage de Sukezô  Sukegawa.

 

l'homme sans talent planche 2

 

L'homme sans talent de Tsuge a été adapté au cinéma en 1991 par le réalisateur Naoto Takenaka.

 

l-homme-sans-talent.jpg

 

 

Pour aller plus loin :  

  • Interview de Tsuge Yoshiharu par Hiroshi Yaku, éditeur de la revue Comic Baku, réalisé en 1987, à lire sur le site des éditions Ego comme X : link
Partager cet article
Repost0
2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 09:06

Cela faisait un moment déjà que je souhaitais créer une nouvelle rubrique dédiée aux manhua, bande-dessinée chinoise. Je vais avoir le plaisir de l'inaugurer aujourd'hui en vous parlant du premier tome d'Une vie chinoise, manhua franco-chinois publié par Kana dans la collection Made in (2009).

 

une vie chinoise T1

 

Dessin : Li Kunwu

Scénario : P Ôtié

 

Résumé :

 

Une vie chinoise est un récit autobiographique romancé revenant sur la vie de Li Kunwu.

 

Tome 1 : Le temps du père

 

L'histoire commence avec la rencontre du Secrétaire Li (25 ans) et de la jeune Xiao Tao (17 ans) dans un petit bourg de la province du Yunnan en octobre 1950. De leur union naîtra, cinq ans plus tard Xiao Li.

 

Ce premier tome nous raconte l'histoire de la Chine vécue par Xiao Li, de sa naissance, en 1955, jusqu'à la mort du Grand Timonier, Mao, en 1976 alors que le jeune Xiao Li est dans l'armée.

 

C'est au travers du regard subjectif du héros que nous découvrons les grands  bouleversement que va connaître la société chinoise durant ces deux décennies.

 

Chapitre 1 : Rouge. Pur.

La petite enfance de Xiao Li se déroule pendant le "Grand bond en avant". La Chine veut booster sa production, notamment celle de l'acier. Afin d'atteindre les but fixé, toute la population est mise à contribution, y compris les petits écoliers. Mais la mauvaise gestion des ressources va provoquer une terrible famine de 1959 à 1961.

 

Chapitre 2 : Le petit livre rouge.

Xiao Li a 11 ans quand commence "La Grande Révolution Culturelle Prolétarienne" (1966). Muni de leur petit livre rouge, dont il ont appris le contenu par coeur, les petit collégiens, trop jeunes pour rejoindre les gardes rouges, vont "jouer" à les imiter et créant leur propres brigades de combat, sillonnant leur quartier à la recherche de tous les vestiges de la Chine "féodale". Leurs professeurs aussi finirons sur la place lors de la première "assemblée d'autocritique". C'est dans cette ambiance de chaos général que  Xiao Li passera son adolescence. Grâce ou relation de son père il entre en apprentissage chez un peintre : le professeur Zhu.

 

Chapitre 3 : Armée rouge.

Ce dernier chapitre commence avec l'entrée dans l'armée du jeune Xiao Li en 1972, et se termine par la mort de Mao, le Grand Timonier, dont l'annonce laisse les jeunes soldat dans un état d'hébétude. Que vont-il devenir, maintenant que Mao est mort ?

 

extrait-une-vie-chinoise-T1.jpg

 

 

Mon avis :

 

Voici une oeuvre autobiographique très intéressante qui nous fait vivre l'histoire au lieu de nous la raconter. A travers le regard du jeune Xiao Li on découvre comment les chinois de l'époque on vécu les grands bouleversement de la Chine Maoïste.

 

En lisant ce manhua, j'ai repensé aux nouvelles de Bùi Minh Quôc (En un instant, une vie - Bùi Minh Quôc). Bien qu'il ne s'agisse pas du tout du même type de récit, les deux sont ambiantés dans un pays communiste et écrit à la première personne. Les réflexions, les informations que P Ôtié et Li Kunwu nous livrent au fil de ce roman graphique, se rapprochent des réflexion que Bùi Minh Quôc laisse transparaître dans ses nouvelles, tel, par exemple, les effets pervers d'une mauvaise gestion des ressources.


Avec Une vie chinoise j'ai pu en apprendre plus sur cette période de l'histoire chinoise, tout comme les nouvelles de Bùi Minh Quôc m'en ont appris d'avantage sur le Viet Nam communiste. Ce qui renforce l'intérêt de ses deux témoignage, c'est qu'il nous sont livrés par des personne ayant vécu dans le pays. C'est d'autant plus intéressant que le communisme se situe aux antipodes de la société dans laquelle j'ai moi-même grandi. C'est difficile d'appréhender ce que ça implique pour la population quand on se contente de lire un livre d'histoire.

 

Bien que le scénario d'Une vie chinoise aie été écris par un français, celui-ci à travaillé en étroite collaboration avec le dessinateur Li Kunwu, dont la série romance la vie. Il ne s'agit donc pas d'un regard extérieur venant apporter un jugement sur l'histoire de Chine. Une vie chinoise est le fuit d'échange entre deux auteurs, l'un français, l'autre chinois, qui permet d'offrir à la fois le regard subjectif de celui qui a vécu tous ces bouleversement socio-culturels et une approche permettant au public étranger de comprendre, de mieux appréhender les événement contés.

 

Le dessin de Li Kunwu est très particulier, plutôt sombre, des trait noirs, langes. Les personnages sont stylisés, cependant l'ensemble est très expressif. Le texte est à la fois agréable et percutant. L'ensemble fait de se manhua, une oeuvre que l'on dévore rapidement et que l'on veut relire à peine terminée, pour s'assurer d'en avoir saisi les moindre détails. Bien que je l'ai découvert en empruntant ce premier tome à la bibliothèque, il rentre dans la catégorie des livre que j'aime posséder pour les relire à l'envie.

 

Une idée cadeau, peut-être ;)

(oui parce que à ce prix là, il faut prévoir ! Près de 20€ le tome, tout de même. Heureusement la série ne comte que 3 tomes)

 

 

Lire un extrait : link

 

 

Les auteurs :

P-Otie-et-Li-Kunwu.jpg

 

Li Kunwu est l'un des rares artistes de sa génération à avoir pu vivre de la bande-dessinée tout au long de sa carrière. Membre du parti Communiste, il a d'abord travaillé dans la Bande-dessinée de propagande, puis il s'est intéressé aux minorité culturelles de la région du Yunnan. Il est l'administrateur de l'Association des artistes du Yunnan et de l'Institut chinois du dessin de presse. Bien que ce soit un auteur connu et reconnu en Chine, aucun de ces travaux n'est encore traduit en Français.

 

P Ôtié scénariste de bande dessiné à ses heures perdues, il s'agit ici de son premier ouvrage BD publié. De son vrai nom Philippe Autier, il a vécu en extrême-orient de nombreuses années. Il est directeur du Bureau de Wuhan de la Mission économique Ubifrance en Chine depuis 2008.

Partager cet article
Repost0
30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 08:34

suicide-island-1-kaze

 

Titre original : 自殺島 (jisatsutou)

 

Auteur : Mori Kôji (森恒二)

 

Nbr de volumes : 3 en VF / 7 au Japon (toujours en cours)

 

Éditeur VF : Kaze

 

Type : seinen

 

 

 

Synopsis :

 

Le nombre de suicides au Japon est si important que le gouvernement n'arrive plus à faire face au coût. C'est pourquoi, les multi-récidivistes, se voient proposer à l'hôpital une solution radicale. C'est ainsi que Sei accepte cette solution, croyant qu'il s'agit d'une euthanasie.

 

Alors qu'il se croit enfin mort, Sei se réveille sur une plage inconnue, à ses côté de nombreuses personnes, qui comme lui, croyaient avoir réussi à mettre fin à leur jours se réveillent.

 

Ils ont été abandonnés sur une île déserte, sans nourriture, sans rien. Pour survivre, il devront apprendre à se débrouiller seul. Face à cette situation certains tentent et réussissent un énième suicide. Les autres, abasourdis par l'incongru de la situation, vont tenter de survivre et finalement ils vont apprendre à vivre.

 

Ceci est le point de départ du nouveau manga de Mori Kôji. Sei, jeune homme incapable de s'intégrer, d'accepter sa médiocrité, devenue suicidaire après le suicide de la seule amie qu'il ai réussi à se faire, en est le personnages principal. A ses côté certains personnages secondaire ont leur importance : Kai, un jeune homme intelligent et mature que Sei a déjà rencontré dans un centre de thérapie ; Ryô, un jeune homme charismatique , un leader naturel qui va calmer les esprit et conduire le groupe à la recherche d'eau ; Tomo, un jeune homme en apparence faible ; une jeune fille au nom inconnu et pour qui Sei a un faible...

 

 

Lire un extrait tome 1 : link

 

 

Suicide-island-2-kaze

 

 

Critique :

 

L'idée me semblait très intéressante, c'est pourquoi j'ai décidé d'acheter le premier tome malgré un dessin qui ne me plaît pas vraiment.

 

Si le graphisme n'est pas très plaisant à mon goût, il a au moins le mérite d'être original et à nul autre pareil. Ce qui, faut l'avouer, est plutôt rare dans le manga. Finalement, on s'habitue sans peine au style de l'auteur et, à la fin de ce premier volume, j'en arrivais à aimer son dessin.

 

En revanche le premier tome m'a un peu déçu par ses dialogues et ses textes. Si l'idée est excellente, elle est assez mal exploitée. Les personnages tournent en rond, il y a des répétitions et les réflexions sont assez superficielles et redondantes. Vous me direz, vu la situation, qui ne tournerait pas en rond. Mais c'est plutôt dans les dialogues que j'ai trouvé trop de répétitions. Ceci-dit, j'ai eu envie d'aller plus loin car, avec une idée pareille on peut faire quelque chose de vraiment intéressant. Peut-être l'auteur avait besoin de s'approprier son sujet, mettre en place les personnages, avant de pousser plus loin la réflexion. Dans le bénéfice du doute, j'ai voulu donc donner une seconde chance à l'auteur. Cette fois je n'ai pas été déçue.

 

Le deuxième volume est plus intéressant. Il y a moins de répétitions, le dialogue (ou plutôt le monologue de Sei, puisque c'est principalement sur lui que se concentre l'histoire) est un peu plus poussé.  Sei décide de quitter le groupe pour accomplir sa propre quête initiatique qui lui permettra de s'affirmer, trouver sa place. Je ne dirais pas que ce tome est excellent. Mais il est plus sérieux, plus approfondi.

 

On est dans un seinen et il est question de suicide. Cependant, cela reste assez superficiel, les dialogues ne sont pas vraiment poussé et de seinen il n'y a que la gravité su sujet. Pas tellement le traitement. Pour un seinen, je trouve qu'il manque encore de maturité. Il nous parle du suicide comme le ferait un ado : ça a l'air tourmenté, mais ça ne pousse pas bien loin la réflexion. D'ailleurs, sur la fiche de Manga News il est écrit "âge conseillé : 16 +". Certes il y a quelques cadavres... Mais je ne crois pas qu'il faille avoir 16 ans pour comprendre les dialogues, somme toute assez plat.

 

Malgré un texte pas toujours très travaillé, à la lecture de ses 2 tomes, on s'identifie aux héros, on se demande comment nous réagirions dans une situation similaire. On se pose pas mal de questions : Quelle importance accordons nous à nos petits problèmes? Ne nous laissons-nous pas emporter par des soucis qui finalement ne sont pas si graves ? Sans être suicidaire, à l'instar des héros de la série, nous avons tous des problèmes, parfois des complexes qui pourrissent nos existences. Ne leur accordons-nous pas trop d'importance ? Est-ce que toute cette pollution psychologique : la recherche du bonheur, la compétition, le besoin de reconnaissance... ne nous empêchent-t-elles pas de vraiment vivre ?

 

La fin du deuxième volume, en revanche, m'a laissé assez perplexe. Je ne vais pas, ici, vous dévoiler le contenu, au risque de vous gâcher le plaisir. Mais, j'ai bien l'impression que cela va prendre la tournure d'un Lost-le retour et franchement, la tournure qu'à prix la série Lost était décevante, banale et sans intérêt. J'ai bien peur que Suicide Island, faute de pouvoir nous offrir des dialogues et une vraie réflexion sur la société moderne et ses dérives, va tomber dans le cliché et l'histoire mille fois traité.

 

Comme il n'est pas dans mes habitudes de juger sans avoir lu, j'attendrai de lire le troisième volet pour voir si oui ou non la tournure que prendra l'histoire va me plaire. Quant au quatrième tome, il sort en septembre.

 

suicide-island-3-kaze

 

En me relisant je me dis que je suis peut-être un peu cruelle avec ce manga, qui somme toute est intéressant, très original. Et je regrette pas mon achat

Partager cet article
Repost0
13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 09:14

Gen-d-hiroshima.jpg

 

Aujourd'hui je vais vous parler d'un article, paru dans le numéro spécial de l'Histoire (n°333) : Le Japon des samouraIs aux manga.

 

Si je vous conseille la lecture de toute la revue, très intéressante, c'est plus particulièrement de l'article de Jean-Marie Bouissou que je vais vous parler ici.

 

Dans cette article de 4 pages, intitulé "Le manga, enfant de la bombe?" Bouissou revient rapidement sur les ancêtres du manga : rouleau peints, estampes, théâtre kabiki, kibyoshi (roman populaires de l'époque Edo, rencontre avec les techniques occidentales...

 

Pour Bouissou, comme pour beaucoup de ses confrères, le manga moderne naît avec Tezuka et la parution de sa Nouvelle Ile au trésor en 1947. Avec Tezuka, les manga adopterons des scénario beaucoup plus long et des techniques de dessins inspirées du cinéma.

 

A l'instar des autres mangaka de sa génération, Tezuka était trop jeune pour participer à la guerre mais assez vieux pour être profondément marqué par la bombe atomique et la défaite du pays. C'est au traumatisme laissé par la bombe atomique que, selon Bouissou, le manga moderne doit son intensité dramatique et une complexité supérieur à celle des comix américains ou BD franco-belges.

 

Le manga moderne se fonde sur 4 piliers :

 - le scénario fondateur : dans un monde détruit par les adultes, un groupe d'enfant/ado survis grâce à leur complicité et leur optimisme.

- le mecha : les robot piloté par des adolescents doivent protéger le Japon ou le monde contre des extraterrestres ou un autre ennemi.

- le kagaku boken (aventure scientifique) ou la science joue un rôle quasi sacré.

- et enfin des leçon de vie complexe et une atmosphère dramatique, résultat d'un mélange de regret du passé et de passion du progrès.

 

 

Le manga va alors évoluer avec son lectorat : les baby-boomers, fidélisant aisi son lectorat, les baby-boomers continueront à lire des manga toute leur vie. Naît alors le seinen manga qui a pour cible les jeunes adultes.

 

C'est à cette époque que l'univers du manga se segmente, d'abord par tranche d'âge du lecteur, puis par genre : manga de sport, science-fiction, manga historique.... 

 

Ensuite Bouissou fait un bref panorama du marché du manga actuel.

 

Je vous ai fait ici un résumé très sommaire de son article. je vous invite à en lire la version original qui, non seulement est intéressant mais également agréable à lire. Malheureusement, le n°333 de l'Histoire est épuisé, mais vous pouvez retrouver l'article dans Le Japon, Des Samouraïs à Fukushima l'Histoire,  livre de la collection Pluriel de Fayard (2011).

 

 

Jean-Marie Bouissou :

 

Directeur de recherche au CERI (Science-Po), il est spécialiste du Japon où il a vécu de 1975 à 1990. Il a écrit de nombreux ouvrages sur le Japon. Il est également l'auteur de Manga. Histoire et univers de la bande dessinée japonaise (Philippe Picquier, 2010.

 

Fondateur de Manga Network

 


 

Pour en savoir plus sur l'histoire du manga,  je vous renvois à l'article Le Manga et sa bibliographie (le livre de Bouissou n'y figure malheureusement pas, je n'ai pas encore eu l'occasion de le lire)

Partager cet article
Repost0
3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 09:49

ippo_01.jpg

Titre original : はじめの一歩 (Hajime no Ippo)

 

Auteur : George Morikawa (森川ジョージ )

 

Prépublication : Les aventures de Ippo ont commencé en 1990, prépublié dans le magazine Weekly Shônen de Kôdansha

 

Editeur français : Kurokawa

 

L'éditeur français a choisi de publier cette série de plus de 100 tomes (au Japon) et toujours en cours en 3 saison. 48 volumes sont disponibles en fraçais :

 

Saison 1 : Ippo ~ la rage de vaincre 30 volumes

Saison 2 : Ippo ~ Destins de boxeurs 16 volumes

Saison 3 : Ippo ~ défense suprême 2 volumes (en cours)

 

 

 

 

 

Résumé :

 

Ippo Makunouchi est un jeune lycéen gentil et introverti. Il est harcelé régulièrement par une bande de voyous. Un jour, alors qu'il est en train de se faire battre, un jeune homme intervient et fait fuir ses agresseurs. Impressionné par le jeune boxeur, Ippo va le suivre et lui demander d'intégrer le club de boxe. Takamura va alors lui lancer un défi : s'il arrive à attrapper avec ses poing 10 feuilles tombant d'un arbre il l'amènera au club. Pour réussir, Ippo a une semaine.

 

Après avoir réussi le défi et intégré le club de boxe, Ippo va s'entraîner avec acharnement et passion. Son nouveau rêve : devenir boxeur professionnel. A travers la boxe, Ippo va s'épanouir, changer, prendre de l'assurance.

 

Ainsi commence cette série qui suivra l'évolution de Ippo dans le monde de la boxe.

 

 

Critique :

 

Ainsi résumé, le manga ne me tenterait guère. De plus, je n'ai aucun intérêt pour la boxe... Mais alors que je cherchait un manga sur les arts martiaux , on me conseillait Hajime no Ippo. Ayant vu les 3 premiers tomes à la médiathèque, j'y jetais un oeil distrait. Le dessin ne m'inspirait pas. Mais j'était prévenue : "les dessins sont spéciaux, mais l'histoire est excellente". Je me suis laissé convaincre et ai emprunté les 3 tomes.

 

Et là, je dit : MERCI ! Oui, merci de m'avoir convaincu d'aller plus loin que cette première impression, car ce manga est vraiment bon.

 

Le dessin est basique, très caricatural (et pour les premiers tomes un peu vieillot) mais il sert parfaitement l'histoire. Dès qu'on est plongé dans la lecture, on oublie le côté "moche". Le dessin un peu grotesque vient contrebalancer les scènes de combat très violentes et dramatiques.

 

Si le scénario est assez basique, un grand classique du shônen de sport : un gar faible qui veut devenir fort et qui va mettre toute son énergie débordante dans un entrainement acharné. Mais il est très bien construit. Malgré quelques côté exagéré, Ippo suit un véritable entrainement sportif, pas de ultra-techniques sorties d'on ne sait où capables de déraciner des arbres dans Ippo. Mais des footing à vous filer la nausée, des pompes, des frappes... et encore de la course, des pompes, des frappes... Si notre héros a des prédispositions pour la boxe, l'auteur le fait bien souffrir avant qu'il ne puisse gagner son premier combat.

 

Un peu de réalisme dans ce monde de super pouvoirs !

 

Bon, vu comme ça, ça vous donne peu-être encore moins envie ? Et pourtant !! Hajime no Ippo est très drôle. Le héros est très attachant. Et après avoir fini ces 3 premiers tomes, je ne peux pas m'imaginer en rester là !

 

Faut que j'aille trouver mon gentil voisin pour lui subtiliser discrètement la suite (^_^)

 

PS : ne vous fiez pas au dessin des couvertures, il est encore plus moche que le reste (-_-)'

Partager cet article
Repost0
1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 09:17

 

Traduire ou ne pas traduire, là est la question !


 

A l'arrivée du manga en France, une première polémique est née sur le sens de lecture que devaient prendre les versions françaises. J'en ai déjà parlé dans  Manga : petit guide de lecture pour néophytes, inutile de m'étaler sur le sujet.

 

Une nouvelle polémique est née autour de la traduction. Certains défendent l'idée que, lors de la traduction, on doit laisser les suffixes qu'utilisent les japonais avec noms et prénoms car ils sont de précieux indicateurs permettant de mieux comprendre les personnages et les relations qu'ils entretiennent. En effet, ces suffixes changent en fonction du contexte. D'autres préfèrent une traduction intégrale et la suppression des suffixes, inexistant en français. Il arrive parfois que ces derniers puissent être remplacé par des tournures de phrases ou des surnoms afin de rendre la même intention. Mais, la plupart du temps, la traduction française ne contient que nom du personnage sans aucune nuance.

 

Sur la question mon avis est assez partagé. Il est vrai que, pour celui qui a quelques notion de japonais, les suffixes donnent un aspect plus authentique. Ils ont, parfois même, un rôle humoristique non négligeable. En revanche, pour celui qui lirait un manga sans rien connaître de la langue japonaise resterais perplexe devant une "Kazura-san", "Haru-chan" et autre "Ryu-senpai". Non seulement ça ne l'aiderais pas à comprendre, mais cela aurais plutôt l'effet inverse.

 

Dans cette polémique s'affrontent peut-être deux camps : d'une part ceux qui entendent populariser le manga et toucher tous les publiques, et de l'autre celui des "puriste" voulant garder le manga pour un public "d'expert".

 

Faut avouer qu'une partie, sans doute non négligeable, des lecteurs de manga sont également amateur d'anime, adeptes de la VO en streaming ou en téléchargement. Souvent ils ne se contentent pas de lire des manga papier, nombreux sont ceux qui lisent des scans d'oeuvres non encore licencié en France. Ces scans, traduits par des fan, restent généralement  très proche du texte initial et gardent les suffixe et autres expressions courantes en version original (comme par exemple "o-nii-chan"). Pour ce genre de public, habitué à la VO, un "senpai", "sama" et "dono" n'aura aucun secret, il pourrait le comprendre aussi bien qu'un "monsieur" ou "madame".

 

La question est alors : pour qui doit-on traduire les manga ?

 

Personnellement je vois dans la bande-dessinée bien plus qu'un simple divertissement. Si j'ai appris le français en lisant Tintin, je suis ravie d'en apprendre plus sur la culture et la langue japonaise en lisant un manga. Une petite note à côté du suffixe expliquant ça signification suffit à aider celui qui n'est pas encore habitué à ce genre de mot. Tout comme les petites notes au côté des noms de plats traditionnels, coutumes particulières sont parfois nécessaires pour éclairer le lecteur.

 

Mais pourquoi relancer cette polémique ici, sur ce blog ? tout simplement pour vous proposer un petit lexique permettant à ceux qui ne se sont pas encore familiarisé avec ses suffixes de s'y retrouver (^_^)

 

  nan-desu-ka.jpg

dessin de Yomu-chan. arigatou ^-^

 

Les suffixes :

 

Dans la société japonaise les différences de statut sont très marquées, notamment au niveau de la différence d'âge. Évidemment c'est la cas en France aussi, mais au Japon cela est plus évident, notamment grâce à l'utilisation de suffixes accolé au nom/prénom des personnes. Ce suffixe change suivant que l'on s'adresse à un ami, un inconnu, un supérieur, une personne plus âgé que soit, plus jeune, etc.

 

Dans certains cas, l'omission du suffixe peut-être considéré comme une offense, puisque on n'utilise le nom seul, sans suffixe, qu'avec des amis proches, l'omettre revient à nier le respect qu'on doit à l'interlocuteur dû à son âge ou  à son statut social.

 

 

Les suffixes les plus couramment utilisés :

 

- dono (殿) : suffixe archaïque et très formel. Il n'est aujourd'hui plus utilisé que dans des situations extrêmement formelle ou dans les films de samouraï.

 

Il est néanmoins assez courant dans les manga et les animes. Dans les histoires de samouraï, évidemment, mais pas seulement. Cela indique, soit le sentiment infinie humilité du personnage utilisant le suffixe dono face à la personne qu'il nomme ainsi (serviteur-maître par exemple) soit on peut y voir aussi une utilisation humoristique (exagération de politesse).

 

 

- sama (様) : Autres suffixe très formel, mais plus répandu que le précédent. De nos jours il est utilisé soit à l'écrit soit dans la relation client-vendeur. Le vendeur s'adresse à son client en l'appelant o-kyaku-sama (お客様) que l'on pouvait traduire par "monsieur le client".

 

Dans les manga il est souvent utilisé par des jeunes filles pour nommer le "prince" du lycée ou encore dans les relations maître/serviteur.

 

 

- san (さん) : c'est le suffixe le plus commun. On l'utilise pour parler d'une personne (ou à une personne) que l'on ne connais pas, qui est hiérarchiquement supérieure ou plus âgé. On conseille généralement aux étranger de se contenter de celui-là afin de ne pas commettre d'impaires. C'est poli, mais sans trop en faire.

 

Dans les manga, plus que ça présence, c'est son absence qui a de l'importance. En effet, il n'est pas rare qu'un personnage s'étonne de s'entendre appeler ou d'entendre deux autres personnages s'appeler par leur nom/prénom sans suffixe. Le fait de ne pas mettre -san (ou - kun) derrière un nom implique une certaine intimité entre les personnages.

 

 

 

- kun (君) : Ce suffixe est utilisé soit dans le cas d'un supérieur s'adressant à quelqu'un hiérarchiquement inférieur, qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme, soit entre jeunes hommes, par exemple entre camarade de classe. Il est l'équivalent du vouvoiement mais en moins formel que le - san. Utilisé par une femme, il peut indiquer une certaine affection pour l'homme qu'elle désigne ainsi.

 

Évidemment très rependu dans les manga surtout dans le school life, puisqu'il est utilisé par les jeunes hommes pour se désigner les uns les autres.

 

 

- chan (ちゃん) : suffixe affectueux utilisé avec les enfants. Également utilisé pour les jeunes filles avec lesquelles on entretient une relation proche. Avec un nom d'homme cela équivaut à le traiter comme un enfant (ou une fille).

 

Tout comme kun, il est très rependu dans les shôjo et shônen (personnages jeunes). On le retrouve dans d'autres types de manga également, notamment  avec les enfants. Dans les yaoi aussi. Histoire d'en rajouter une couche, le garçon effémine se voit appelé avec le suffixe - chan, évidemment cela implique une relation intime.

 

 

Suffixes indicant la fonction ou le stat social :

 

- sensei (先生) : signifie professeur. Utilisé pour les profs, les médecins, les artistes, les maîtres (d'art martiaux, cérémonie du thé, ou tout autre art ayant des maîtres).

 

- senpai (先輩) : pour désigner votre supérieur dans un cadre précis : un élève/étudiant plus âgé, une employé étant entré dans l'entreprise avant vous. L'opposé de senpai, c'est kôhai (後輩), qui désigne un plus jeune étudiant/employé, mais ce mot n'est guère utilisé comme suffixe. Le senpai s'adresse à son kohai en utilisant -kun ou -san.

 

- shachô (社長) : chef  d'entreprise.

 

- kaichô (会長) : directeur d'entreprise.

 

- kachô (課長) : chef de section (d'une entreprise).

 

- buchô (部長) : chef de département (d'une entreprise), menager, éditeur.

 

- senshu (選手) : sportif/athlète

 

 

Grand frère et grande soeur :

 

o-nii-san (お兄さん) : signifie "grand frère". Linguistiquement cette expression est utilisé pour désigner le grand frère d'une autre personne, celui de l'interlocuteur ou d'une tierce personne. Pour désigner son propre grand frère on utilise simplement le kanji 兄 sans le o (お) honorifique ni le suffixe, la pronciacion change également : ani. Mais les enfants utilisent o-nii-san pour désigner leur propre frère. En remplaçant le san par le chan on obtient une expression plus affectueuse. On utilise cette expression également s'adresser à lui. Le petit frère / petite soeur n'appelle pas son ainé par son prénom mais "o-nii-chan".

 

o-nee-san (お姉さん) : signifie grande soeur. Ce mot fonctionne exactement de la même façon que le précédent. Pour parler de sa propre soeur on utilisé 姉, prononcé ane, mais les enfants s'adressent à leur grand soeur en l'appelant o-nee-chan.

 

O-nii-san et o-nee-san ont une deuxième utilisation. Les enfants/ado peuvent s'en servir pour s'adresser à un jeune homme/ jeune femme dont il ne connaissent pas le nom. Pour s'adresser à une femme/homme adulte ils utiliseront oba-san (おばさん) qui signifie tante et ojisan (おじさん) qui signifie oncle. Et enfin, pour s'adresser à des personnes âgé ils utiliseront obaa-san (おばあさん) et ojii-san (おじいさん) qui signifient respectivement grand-mère et grand-père.

 

Ces expressions sont très fréquentes dans les manga. Et sont souvent prétexte à gag , comme par exemple une jeune femme qui se vexe après qu'on l'aie appelé oba-san au lieu de o-nee-san : ça lui fait prendre un coup de vieux !

 

 


Bibliographie :

 

Marc Bernabé. Le Japonais en MANGA, cours élémentaire de japonais au travers des Manga. Glénat, 2005.

 

Vous pouvez aussi lire cet article sur Japan info. Vous y retrouvez les même suffixe mais avec des exemples concrets. bonne lecture.

Partager cet article
Repost0
27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 08:23

  enfants-de-la-mer-1-sarbacane

 

Manga de Daisuke Igarashi publié chez Sarbacane.

 

Titre original : 海獣の子供 (Kaiju no kodomo)

 

 

Résumé :


Ruka, collégienne au caractère bien trempé, est exclue du club de handball alors que les vacances d'été commencent à peine. Courir sur le terrain, c'est là qu'elle se sent mieux. Que va-t-elle faire maintenant ?

 

C'est alors que son chemin va croiser celui d'un etrange garçon, Umi, qui semble être aussi à l'aise dans l'eau qu'un poisson. Fascinée par Umi, elle va se rapprocher de lui et de son frère aîné Sora. Ces deux garçon vivent dans l'aquarium ou travaille le père de Ruka, sous la protection de Jim, océanographe au corps tatoué. Les deux garçons auraient été élevé par des dugongs, mammifères marins menacé de disparition.

 

En compagnie de Umi et Sora, Ruka va être témoins d'étranges phénomènes : des poissons disparaissent, dans l'océan et les aquariums


 

Au Japon, le manga compte déjà  4 tomes. La première parution date de 2007.

 

En France, le deuxième tome sortira le 22 août  (plus qu'un mois à attendre !!)    link

 

 

Critique :

 

De Igarashi je connaissais 2 recueils d'histoires courtes. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il sont étranges. Il ne laissent pas indifferents !

 

Ces deux recueils ne m'avaient pourtant pas laissé un très bon souvenir. Ce n'est pas que je n'ai pas aimé, mais certaines histoires étaient  trop étranges, trop fouillies, difficiles d'accès. Faut dire que ils comptent parmi les premiers manga que j'ai lu, et ce n'est peut-être pas un excellent choix pour une première immersion dans l'univers du manga.

 

Quoi qu'il en soit, je n'ai pas pas du tout eu cette sensation en lisant la premier tome de Les enfants de a mer.  Tout de suite on reconnais le coup de crayon de Igarashi, on retrouve son univers fantastique où la nature a des pouvoirs qui dépassent l'entendement humain. Mais, contrairement aux histoires courtes parfois trop confuses, ici le décor est bien planté. Un cadre stable va servir de base aux délires fantastiques. Peut-être a-t-il pu mieux travailler son background puisqu'il s'agit d'une série.

 

On commence l'histoire avec Ruka, une fille ordinaire qui connaît des problèmes auxquels le lecteur peut facilement s'identifier. Les scènes ancrées dans la réalité et les épisodes surnaturels et étranges s'entremêlent dans un bon équilibre, rendant la lecture agréable. On est intrigué par le mystère qui entoure Umi et Sora, on s'attache à la petite Ruka et très vite on est prix par l'histoire. On veut en savoir plus et on ne referme le livre qu'après l'avoir fini.

 

Graphiquement cela ne ressemble pas à l'idée qu'on se fait à priori du manga. Les personnages sont assez stylisé. les décors, crayonné, n'ont pas l'aspect photographique que l'on trouve souvent dans les manga. Pourtant l'ensemble est étonnamment réaliste. La Nature, sous les coups de crayons de Igarashi, est toujours somptueuse, exubérante. Ici, les scènes sous la mer nous donnent envie de plonger, nager avec Ruka, Sora et Umi parmi les poissons.

 

J'ai été envoûte par ce premier tome et attends avec impatience de pouvoir lire la suite. Seul bémol : le prix. Un peu prohibitif pour les petit budget : 15 euro le tome. Espérons que la série ne soit pas trop longue, car, à en juger par ce premier tome, elle vaut vraiment le coup.

 

enfats-de-la-mer-T1.jpg

 

 

Plus d'images ? Allez jeter un oeil sur la page FB de Sarbacane   link

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Ma petite Médiathèque
  • : petit coin pour partager mes impressions sur manga et anime, mais aussi livres, films et musiques
  • Contact

Je suis aussi sur

Mon profil sur Babelio.com

Rechercher